Les petits palets dorés, chamarrés, doucement polis, brillant de leur éclat discret mais chaudement présents dans la mosaïque qui pave nos jours…
Soudain, ce matin de tempête, la surprise d’entendre la voix de la mère qui déroule un conte pour endormir l’enfant dans cette chambre inconnue, cette voix claire qui chante dès le matin, qui chante tout le temps & invente le soir des contes inédits.
Une voix qui embellit l’espace.
Dans l’infini chapelet des jours, l’amie de cœur, l’alter ego, la sœur astrale qui rend les frontières poreuses, les limites floues, l’infini possible & puis disparaît, laissant derrière elle le monde plus sombre.
Et les aventuriers, arpenteurs de déserts, qui lisent le monde dans un grain de sable, la course d’une comète, le pas d’un cheval, qui parlent peu, travaillent en silence, marquent le temps de leur empreinte.
Et l’enfant qui vient, détricotant les évidences, redessinant tous les chemins, offrant son monde à qui prendra le temps d’écouter sa chanson.
Dans la mosaïque de nos vies, les petits palets dorés que l’on fait danser au creux de nos mains, au fond de nos poches, quand les jours sont trop longs & que la tempête approche.
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Texte & photo © Nathalie Esperluète
