PROMENADE
-

Le chemin se dessine
Les pelotes de soie la poudre de nuages le bleu dynamité des matins de mistral le rire de l’enfance, en billes, au fond des poches
-

Fallait-il suivre les lucioles ?
Le roulis cogne la falaise Le feu dessine la lisière Et, si tu prêtes un peu l’oreille, tu entendras parmi les branches la chanson folle de la pluie qui ne sait pas devenir brume.
-

Intime…
Respirer au petit matin, avant que le vent se souvienne de sa folle existence, le citronnier, le chèvrefeuille, à l’instant parfait que dessinent le chant de l’oiseau, le parfum & le premier rayon du soleil.
-

La place qui te revient
Les histoires qui commencent dans les villes qui nous sont étrangères, aux noms comme des dessins, aux saisons de pierre sèche,
-

Lire. Écrire. Respirer.
On écrit comme le canal emmène l’eau jusqu’à la mer. On écrit sans le vouloir, sans décider, ni définir. On écrit pour déchirer le brouillard…
-

Même sous la neige
Le chemin a toujours été là, même enfoui sous la neige. La fenêtre n’est rien. Ton œil ne suffit pas.
Où s’en vont tous les mots qui pèsent aux nuages ?
Que deviennent tous ceux que l’on accroche aux arbres ?
Que deviennent les lettres inscrites au bas des pages ?
Où s’en vont toutes celles que l’on oublie le soir ?
Les rêves ne sont faits que de mots mélangés
& le monde ne tient que grâce aux initiales.

Portes dérobées
cHEMIN DE TRAVERSE

À propos de moi
Mon émerveillement, depuis l’enfance, c’est la puissance des mots. Ce qu’elle contient de précision, d’entêtement, d’ordre & de désordre, de fantaisie, d’amour de la vie & de besoin de partager.
Chaque mot & le choix qu’on en fait, l’univers entier qu’il dévoile.
Les mots, l’extraordinaire capacité que nous avons de nommer, donner de la valeur à nos expériences, éprouver la joie de les partager, changer le monde en avançant, lettre après l’être, pour approcher l’humanité de l’autre, la folle créativité de la nature, affiner nos perceptions, remonter le cours de l’Histoire, dessiner notre univers.
Il ne se passe pas un jour sans que je n’apprenne un mot ou quelque chose sur un mot ou que je parle avec quelqu’un autour d’un mot.
Apprendre à lire à des enfants, s’asseoir à leur hauteur & ouvrir cette porte vers l’infini du monde.
Il y aura mille chemins, des pierres, des cailloux, du sable & des galets.
Mettre des mots sur l’émerveillement, la douleur, la solitude, l’espoir & l’infinie palette des roses d’une rose.
Les mots tissent le monde, emplissent des valises, déroulent des chemins de lave ou bien de mousse.
Les mots pour dire le monde & se dire dans ce monde.
Mars 21
Celui qui parle, celui qui écrit, c’est un qui jette ses mots comme des cailloux divinatoires, comme des dés lancés. Il ne choisit pas les mots pour s’exprimer, il porte chaque mot à son oreille pour l’entendre.
Valère Novarina
Devant la parole
AU P’TIT BONHEUR
-

Désordre
Fascinée par la vie qui trouve la lumière dans tous les interstices Et par les courants d’air qui ouvrent les fenêtres & rebattent les cartes.
-

Royaume sauvage
Un jardin… comme un nouvel enfant. Des droits, des devoirs, des responsabilités. Oui. Mais pas de comptes à rendre. Ce serait juste entre elle & lui. Il faudrait trouver la langue, ouvrir le dialogue, écrire des poèmes.
-

Les météores de la nuit
Le feu court après la lisière, la libellule suit la rivière. Les marchands & les comptables ont perdu leur exactitude. Un grain de sable téméraire est monté sur les barricades.
-

Langue de silence
…Un coin de ciel bleu, un coquelicot, deux ou trois nuages en forme de plume,



