Même sous la neige

Écrire ce qui vient, ce qui s’impose, ce qui est là avant même que tu ne le penses. 

De quel terreau fertile, nourri de batailles & d’exil, de tempête infernale & de café fumant, de notes cristallines & d’arrachements silencieux,
dans quel creuset secret se fondent nos souvenirs, se tissent nos avenirs ?  

Il faut se pencher davantage, 
effacer du revers de sa manche, 
les gouttes éparpillées, les notes oubliées, les graviers & les larmes. 

Le chemin a toujours été là, même enfoui sous la neige. 
La fenêtre n’est rien. Ton œil ne suffit pas. 

Il faut se pencher davantage. 
Les petits palets dorés, noyés sous les graviers moqueurs, 
dans la poussière des jours sans fin & des notes assassines, 
les petits palets dorés, 
cerises juteuses, sourires éclatants, cœurs éclaboussés, 
les petits palets dorés, 
bourgeons de soleil, ta main dans la mienne, 
pavent ton chemin, même sous la neige.

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Texte & photo © Nathalie Esperluète

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