Bouquet de lucioles, bulles de champagne, souvenirs des jours qui passent, grains de poussière dansant dans le rayon de lune…
La haie bruisse de mille chuchotements.
Les pierres du chemin s’égrenent sous nos pas, crissant & geignant, sans qu’on puisse faire autrement. On suit les murets, sans but, sans se perdre non plus. Ce chemin oublié, que les noisetiers et les orties cherchent à reconquérir, garde vaillamment sa ligne de force au milieu des bois.
Où se placent les éphémères ?
Les feuilles à l’automne, l’iris au printemps, entrent dans la ronde, aussi clairs & forts que les pierres des murets..
Éphémère, ce mot n’a de sens que si tu oublies.
Après ton passage, le chant des pierres & de la haie coulera dans tes veines, une maille de plus à la toile de ton sac de corde, un pas de plus dans le théâtre de tes rêves.
Entre les pierres des murets, scintillants comme la rosée, lézards & lézardes brodent les nouvelles routes qui se faufilent joyeusement sur la trace des lucioles. À l’abri dans la besace de tes jours, tu emportes avec toi ta collection d’éphémères pour les caresser près du feu, les nuits de gel à pierre fendre.
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Texte & photo © Nathalie Esperluète
