Les météores de la nuit

Le miroir sans tain sous l’horloge brûle comme un feu de paille. 
Beaucoup de fumée, une flamme claire, une chanson abandonnée.

La falaise n’est jamais loin.  

Comment vivre sans poésie,
sans sentir au fond de ses poches les météores de la nuit ?

Le feu court après la lisière, 
la libellule suit la rivière. 

Les marchands & les comptables ont perdu leur exactitude.
Un grain de sable téméraire est monté sur les barricades. 

Il y aura des éclats de voix, des abandons, des reculades, des pavés lancés dans la mare, des certitudes piétinées.

Il y aura des chants de révolte, des corsets jetés dans les flammes, des évidences fracassées. 

Comment vivre sans poésie, sans histoires, sans alphabets ?

Comment vivre sans poésie, 
sans cet air que l’on respire, 
sans sentir au fond de ses poches les météores de la nuit ?

&. &. &. &. &. &. &. &. &. &. 

Texte & photo © Nathalie Esperluète

Laisser un commentaire