Marcher
pour creuser son sillon,
pour entendre le sang courir sous les écorces.
Marcher
pour déposer nos armes & défaire nos bagages,
découdre les jointures qui entravent nos ailes.
Marcher
pour s’alléger,
s’approcher des nuages,
arpenter les méandres des lisières & des marges.
Marcher
pour résister,
coquelicot ardent déchirant le bitume,
drapeau blanc déployé sur les lacs d’amertume.
Marcher
pour respirer,
pour entrer dans le bleu & le vif de nos langues.
Marcher
pour éprouver la cadence & la flamme,
la longueur de nos pas,
la trame de nos rêves.
Marcher
pour caresser
le velours de nos voix,
la force de nos mots,
et nos joies
et nos peines.
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Texte & photo © Nathalie Esperluète
