Poussière

Je hais l’inventeur de la poussière. 

Dehors, je la rends à la terre. Les insectes font le travail & transforment de leur vie entière les feuilles, les fleurs & la poussière en terreau fertile & fécond. C’est une joie de savoir que tout revient à la terre & que les fleurs & que les fruits… 

Mais dans la maison, c’est une toute autre histoire, une vraie corvée. Il faut prendre son élan, ne surtout pas se demander à quoi ça sert. 

Et parfois, la magie opère. 
Si, si… ça arrive. 

Près de la fenêtre, au début de l’automne, le soleil fait danser les grains de poussière. C’est un spectacle magnifique auquel je ne résiste pas. Je n’entends plus le bruit de l’aspirateur. Je me surprends à me dire que ce serait vraiment dommage de n’avoir jamais assisté à ce ballet. 

Je suis les grains mis en lumière & en musique par ce rayon de soleil amoureux. 

Grain de poussière, grain de sable, 
bruit des vagues, roulement sans fin, 
broderies impalpables, feux follets malicieux, 
étoiles dansant dans la nuit noire. 

La poussière est partout, messagère éphémère, muette & fragile du temps qui passe, de la force du rêve & de l’impérieuse nécessité de garder les clés des petits mondes parallèles.

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Texte & photo © Nathalie Esperluète

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