Le temps que l’on se donne, penchée au-dessus du givre, emmitouflée dans les reflets de brume & de poussière dorée qui polissent nos souvenirs, brille dans les flaques du chemin comme une halte sur la route.
Dans l’enchevêtrement de nos lignes de force, à la croisée de nos champs de bataille, dans la froidure des matins, se cachent des refuges minuscules & feutrés qui n’attendent que nous.
Il faut savoir tourner la tête, tanguer dans le chant des oiseaux, apprendre la langue des écorces, devenir feuille de temps en temps.
Devenir feuille ou bien nuage,
fenêtre au flanc de la falaise,
note oubliée en bas de page.
Le sang qui bat dans nos veines,
la toile serrée de nos rêves,
la langue courant les chemins,
se nourrissent de nos regards, de nos escales & de nos chants.
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Texte & photo © Nathalie Esperluète
