Fallait-il suivre les lucioles ?

Parfois jouer à disparaître, simplement en fermant les yeux

Le roulis cogne la falaise
Le feu dessine la lisière 
Et, si tu prêtes un peu l’oreille, tu entendras parmi les branches la chanson folle de la pluie qui ne sait pas devenir brume. 

Où se placent les éphémères, tout ce dont tu n’es pas témoin,
milliers de lignes entrelacées des troncs, des branches, des ronciers ?

Dans l’ignorance des matins & l’oubli des jours de misère, 
sur les chemins étourdissants qui dévorent tes souvenirs, 
au milieu de tous ces demain qui se déguisent en peut-être, 
l’illusion des glaces sans tain & l’enthousiasme des fanfares, 
tu n’avais rien prémédité. 

Il y aura des bleus de lune, des verts-de-gris, des jours sans fin. 
Il y aura des flaques de ciel & des verticales étonnées. 
Chaque vent portera son nom, et tous les arbres, et les saisons. 

Tu n’avais rien prémédité. 
Et tu ne vas à la rivière que les jours clairs & sans rancune
mettre tes pas dans le sable & devenir libellule.

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Texte & photo © Nathalie Esperluète

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