Galets plats, ricochets

Avancer sur l’eau dont on ne voit pas le fond,
en funambule désespéré
Suivre les lignes du hasard
Tisser, entre droiture & fantaisie, la toile chamarrée des jours
Suivre, de flaque en flaque, le chemin de la pluie nourricière.
Lire dans ses reflets la saison qui viendra, la promesse de l’arbre, le changement perpétuel & tumultueux des perspectives.

La toile est brouillonne.
On a jeté les couleurs comme les pétales des coquelicots emportés par la dernière bourrasque.
Il faut dormir un peu, s’asseoir, prendre le temps,
pour percevoir les lignes, la forme du rêve, la sagesse de l’abandon, la solidité du nouage.
Apprendre à lire les reflets inversés, la force des lisières, le silence de la brume.

La ligne la plus féconde n’est pas la ligne droite.
C’est la ligne du rêve, la ligne de la main,
c’est la ligne de l’eau.

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Texte & photo © Nathalie Esperluète

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