Et nos âmes légères

Puisqu’il faut y penser…
je crois que pour écrire, il faut savoir lire.
Ce qui ne se dit pas, ce qui ne s’écrit pas, peut-être même, ce qui ne se pense pas.
Écrire, ne rien vouloir, ne rien chercher.
Écouter, sentir, percevoir.
Être présent, sans attente, ni volonté.
Faire feu de tout bois, lien de toute présence.
Devenir la plaine, le fleuve & l’estuaire.
Avoir le temps d’être la brume.

Écrire ne s’apprend pas, mais savoir lire, peut-être.

Il faut du temps, beaucoup de temps,
la vue perçante du détail,
le sourire qui parfume tout,
l’âme légère pour envoler la plume, soulever la tempête, chuchoter dans la brume & parcourir le monde.

Il faut aimer la terre, son rythme lent, ses pulsations. Ne rien attendre, observer.
Tisser, croiser, entrelacer.
Retrouver son âme légère & prendre un peu d’altitude.

La mosaïque des saisons, des coquelicots, des feuilles mortes, l’entrelacs des rivières & des routes,
le tulle délicat du brouillard de septembre,
le froid sec & craquant des nuits de pleine lune, l’affolement du bourdon devant le chèvrefeuille en fleurs, le travail obstiné qui polit le galet,
les jours, les jours sans fin.

Chaque jour comme un monde
qui plie origami & qui emplit aussi
nos mains qui veulent écrire,
nos yeux & nos sourires
Et nos âmes légères qui voudraient savoir lire.

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Texte & photo © Nathalie Esperluète

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