Les lieux qu’on porte en soi

Les lieux qu’on porte en soi font une mosaïque.

Entre les gestes quotidiens & les obligations, se glissent des espaces transparents, des étincelles furtives, des gouttes de parfum, des notes devinées.

La réalité n’est qu’une bulle bien ordonnée qui fait semblant d’être solide.

Chaque pas, chaque nuage, chaque plume prise dans la haie ouvre sa porte dérobée.

Au milieu du vacarme, en pleine canicule,
qu’on n’y prenne garde ou que l’on cherche bien,
on trouve dans sa poche le galet des bords de Loire lové comme un talisman.

Canicule ou vacarme, le fleuve est là. On a les pieds dans le sable. On fait corps avec la terre.

Les lieux qu’on porte en soi font une mosaïque
Et chaque instant où l’on fait corps avec le fleuve ajoute son reflet. Marcher dans la foule ou dans la canicule en entendant le fleuve.

Marcher comme on est fleuve, comme on est ombre,
chant d’oiseau ou nuage.

Marcher comme on est fleuve.

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Texte & photo © Nathalie Esperluète

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