Intime…

Respirer au petit matin,
avant que le vent se souvienne de sa folle existence,
le citronnier, le chèvrefeuille,
à l’instant parfait que dessinent
le chant de l’oiseau, le parfum & le premier rayon du soleil.

Mais de quoi peut-on parler, – si on se décide à parler -, si ce n’est de nos flammes & de nos drogues dures ?
Si tu sors de ton silence, si tu t’avances, faut-il que tes mots aient du sens ?

Même s’ils n’ont ni queue ni tête,
s’ils arrivent en désordre, ébouriffés & mal peignés,
tu peux les murmurer, les enlacer, les jeter dans le vent ou les rire aux éclats.
Ils viennent de saisons dont je ne connais pas le nom,
de nos anciennes vies, brumes si familières,
de l’espace incertain juste avant le matin, quand le jour ne sait pas s’il sera neige ou sable.

Ils attendent depuis plus loin que la patience, ils ne sont sûrs de rien.
Ils viennent de si loin, polis, roulés, entrechoqués.
Ils sont faits comme les nuages, tu peux les lire dans tous les sens.
Ils pèsent tout le poids du monde & s’effilochent sous tes yeux.
Ils sont les pièces du puzzle qui te rassemble & te raconte.

Texte & photo © Nathalie Esperluète



Laisser un commentaire