Écrire

La trace était vibrante. L’air si sec qu’il en devenait vertical. Chaque pierre, comme l’âme de tous ceux, hommes & bêtes, qui l’avaient empruntée. En sonnant sous les pas, elles disaient la présence bienveillante des passeurs de légendes, des coupeurs de feu, des fées, des animaux mythologiques. 

Faire partie de l’univers, être le grain de sable, le revers salé de la vague, la pomme de pin qui éclate. Savoir, au même instant, déchiffrer la ligne noueuse de l’olivier, celle ténue de l’hirondelle ou vagabonde des nuages. 
Faire partie de l’univers. Sentir l’énergie de la trace épouser l’évidence de ta présence. 

Écrire pour escalader la montagne, embarquer dans le vent du soir, laisser sa pierre au carrefour.

Et si écrire, c’était inventer la trace, ouvrir le passage. Le chemin ne s’arrête pas derrière toi. Il se tricote patiemment, faisant feu de tout bois. 
Il est ce que tes pas dessinent avec tes souvenirs d’après-demain.

Texte & photo © Nathalie Esperluète

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