Elle cherchait l’ombre

Elle s’est assise dans l’escalier entre les chênes et l’olivier. Elle cherchait l’ombre.

Elle s’est assise dans l’escalier pour écouter l’été
qui faisait claquer les genêts. C’était l’heure de la sieste.

Le clocher d’à côté venait d’égrener trois heures.

Le soleil aveuglait tout le paysage.
Il n’y avait plus de vérité. Elle avait déserté en emmenant les ombres.

L’air était sec, blanc, tendu comme un arc.
Le moindre souffle ouvrait un flacon de parfum.

On voyait les nuages bondir de crête en crête,
courant après je ne sais quelle saison,
répondant à l’appel d’un muezzin invisible, silencieux, implacable.

Le vent dévalait la montagne.
Il charriait avec lui l’espoir des arbres,
l’appel des hirondelles, la naissance d’un fleuve.
Il jouait avec l’ombre comme d’autres avec le feu, décidant de la neige, du silence et des couleurs du monde.

Les nervures de la feuille dessinaient des dentelles infinies. Elles savaient ce qu’il faudrait de temps, d’amour et de silence avant que le violon sonne juste.

Elle s’est assise dans l’escalier entre les chênes et l’olivier. Elle cherchait l’ombre.